Les faïenciers martrais poursuivent leur développement tout au long du XIXe siècle, malgré les difficultés provoquées par la diffusion des faïences fines anglaises et des porcelaines d’Extrême-Orient. Les premières heures du XXe siècle sont marquées par un retour aux formes et aux décors anciens. Les sujets, les dessins et les tonalités recherchées exigent de la part des peintres de plus en plus de talent, des capacités d’imitation mais aussi des facultés d’adaptation et d’invention. C’est une époque merveilleuse pour l’émergence de ces artistes, dépositaires des connaissances et du savoir-faire hérités de leurs aînés et créateurs inspirés... Mobilisés pour aller se battre sur le front lors de la guerre de 1914-1918, les deux faïenciers Sales et Marestang sont obligés de suspendre leur activité. À leur retour, en 1920, ils décident de poursuivre l’aventure ensemble et ils créent une nouvelle enseigne : « Le Vieux Martres ». Deux amis et compagnons de talent viennent se joindre à eux, Paul Gouazé et Georges Cabaré. La production qui sort de l’atelier Le Vieux Martres est soit signée VMT soit du nom du peintre. Après la séparation des quatre associés Sales, Marestang, Gouazé et Cabaré en 1929, l’appellation « Au Vieux Martres » est conservée par Sales et Marestang… De leur côté, Paul Gouazé et Georges Cabaré créent, boulevard de la Madeleine, un atelier baptisé Faïencerie d’Art Ancien. Mais la guerre de 1939-1945 bouleverse une fois de plus la vie des faïenciers martrais… Après la Libération, Paul Gouazé s’installe à Toulouse tandis que Georges Cabaré, initie ses enfants, Alfred et Lucette, aux secrets du métier. De très belles pièces témoignent de la qualité plastique atteinte par ces grandes signatures, aujourd’hui très recherchées et appréciées des collectionneurs. Avant que le nom de la famille Her soit associé à la faïencerie du Matet, c’est à la famille Darnaud que le premier atelier de poteries doit ses débuts, en 1864. Jean-Marie Her, descendant de la famille Her, venue de Nevers au xviiie siècle, rachète la manufacture en 1874 et la développe. Son fils Ferdinand Her en hérite en 1920 et la dirige jusqu’en 1927, année où la faïencerie est vendue à Ernest Labérie qui la cède deux ans plus tard à Pierre Frèjevu. De nombreux apprentis font leurs premières armes au Matet, parmi lesquels Ribet et Bonnassies, promis au plus bel avenir… L’usine du Matet emploie, alors qu’ils n’ont respectivement que 16 et 17 ans, Paul Bonnassies et Marcel Ribet, tous deux originaires de Martres et, de ce fait, imprégnés depuis toujours de culture faïencière. Paul devient tourneur et épouse Thérèse Sylvestre qui devient peintre en faïence. Marcel convole en justes noces avec Simone Verdier, promise elle aussi à une belle carrière de peintre en faïence. En 1937, les deux couples décident de s’associer et de créer leur atelier… |
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